fatuité

fatuité

fatuité [ fatɥite ] n. f.
• fin XVIIe; « sottise » XIVe; lat. fatuitas fat
Satisfaction de soi-même qui s'étale d'une manière insolente, déplaisante ou ridicule. autosatisfaction , infatuation, prétention, suffisance, vanité. Être plein de fatuité. Un air de fatuité. « Blachevelle sourit avec la fatuité voluptueuse d'un homme chatouillé à l'amour-propre » (Hugo). « La fatuité s'accompagne toujours d'un peu de sottise » (A. Gide). ⊗ CONTR. Modestie.

fatuité nom féminin (latin fatuitas, -atis, de fatuus, sot) Contentement excessif de soi qui se manifeste par une vanité insolente. ● fatuité (synonymes) nom féminin (latin fatuitas, -atis, de fatuus, sot) Contentement excessif de soi qui se manifeste par une vanité...
Synonymes :
- présomption
- prétention
- vanité
Contraires :
- humilité
- simplicité

fatuité
n. f. Caractère, manière de se conduire du fat. Syn. infatuation, prétention, suffisance, vanité. Ant. modestie, simplicité.

⇒FATUITÉ, subst. fém.
Caractère du fat; satisfaction excessive et ridicule de soi-même. Plein de fatuité; se remplir de fatuité; un air, un ton, un sourire de fatuité. (Quasi-)synon. infatuation, contentement de soi, suffisance, vanité. Dans quel pays du monde la fatuité n'est-elle pas une ressource de l'amour-propre pour cacher la médiocrité naturelle? (STAËL, Consid. Révol. fr., t. 2, 1817, p. 371). J'ai connu Rodio, il était joli homme, peu d'esprit, peu d'intelligence, d'une fatuité incroyable (COURIER, Lettres Fr. et It., 1807, p. 749) :
1. Les groupes se croisent en passant : la coquetterie des femmes et la fatuité des hommes échangent des sourires prometteurs contre des regards déjà victorieux, ce qui ne diminue en rien la réserve des unes et la patiente aspiration des autres; mais il faut bien crâner devant les camarades.
T'SERSTEVENS, Itinér. esp., 1963, p. 282.
P. méton., vx. Propos ou actes résultant de ce défaut. Par toutes les fatuités inouïes qu'il étale dans le Moniteur, cet émigré [Louis Bonaparte] qui ne connaît pas la France, fait la leçon à la France! (HUGO, Nap. le Pt, 1852, p. 30) :
2. ... il la déshonorait [sa femme] par une tendresse publique assaisonnée de ces fatuités grossières dont le secret appartient à ces sauvages de France, vivant au fond des campagnes, et dont les mœurs sont encore peu connues malgré les efforts des naturalistes du roman.
BALZAC, Ptes mis., 1846, p. 145.
Prononc. et Orth. :[]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. Av. 1380 « sottise, folie » (BERS., T. Liv., ms Ste-Gen., f° 47e ds GDF. Compl.); 2. 1688-96 « satisfaction excessive de soi, qui se manifeste de façon ridicule » (LA BRUY., XII ds LITTRÉ). Empr. au lat. class. fatuitas « sottise », dér. de fatuus, fat. Fréq. abs. littér. :299. Fréq. rel. littér. :XIXe s. : a) 687, b) 444; XXe s. : a) 360, b) 229.

fatuité [fatɥite] n. f.
ÉTYM. V. 1355; lat. fatuitas, de fatuus. → Fat.
1 Vx. Sottise.
2 (Fin XVIIe, La Bruyère). Mod. Satisfaction de soi-même qui s'étale d'une manière insolente, déplaisante ou ridicule. Infatuation, prétention, suffisance, vanité. || Être plein de fatuité. || Un air de contentement et de fatuité. || La fatuité gâte les plus belles qualités (→ Étaler, cit. 41). || Il est d'une fatuité ridicule. || Sotte fatuité de cabotin (→ Crétin, cit. 4). || Une fatuité de bellâtre.
1 (…) ils (ces gens) se croient de l'esprit (…) ils donnent le dernier dégoût par leur fatuité et par leurs fadaises (…)
La Bruyère, les Caractères, VIII, 84.
2 Blachevelle sourit avec la fatuité voluptueuse d'un homme chatouillé à l'amour-propre.
Hugo, les Misérables, I, III, VI.
3 On voit percer, même dans cette scène qui vise et touche à l'émotion, cette double fatuité qui ne le quitte jamais, celle de l'homme à bonnes fortunes qui veut rester jeune, et celle du personnage littéraire qui ne peut s'empêcher d'être glorieux.
Sainte-Beuve, Causeries du lundi, Chateaubriand, t. II, p. 150.
4 (…) ces pièges à paon où la fatuité française laisse toutes ses plumes, pour le plaisir de les étaler.
Barbey d'Aurevilly, les Diaboliques, « Dessous de cartes… ».
5 (…) puis se retourna vers je ne sais quels camarades, avec un air de fatuité, comme pour les prier d'ajouter leur approbation à son contentement.
Baudelaire, le Spleen de Paris, IV.
6 C'est toujours absurde pour un homme de dire d'une femme : « Elle m'aime ». On paraît d'une fatuité incroyable, mais vraiment j'ai des raisons de croire que celle-ci m'a aimé.
A. Maurois, Bernard Quesnay, p. 176.
7 La fatuité s'accompagne toujours d'un peu de sottise. Ce qui permet la suffisance de certains auteurs d'aujourd'hui, c'est leur incapacité de comprendre ce qui les dépasse, de juger à leur juste valeur les grands écrivains du passé.
Gide, Journal, 29 avril 1930.
3 Vieilli. (Une, des fatuités). Acte, attitude du fat.
CONTR. Modestie, simplicité.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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